Contracté en 2020 auprès de la Chine, l’emprunt de 114 milliards de francs CFA, dont 25 milliards destinés à la relance de Sotel Tchad via son offre « Salam », devait moderniser les infrastructures technologiques nationales et repositionner l’opérateur public sur un marché hautement concurrentiel.
Sept ans plus tard, le bilan interroge. Aucune transformation structurelle majeure n’est perceptible, selon des employés de l’entreprise publique. Les investissements annoncés peinent à se traduire en résultats concrets sur le terrain : couverture limitée, innovations absentes, compétitivité affaiblie.
Intervenant sur la MRTV, Ibrahim Mahamat Ousmane, président du Syndicat national des TIC, a rappelé que « l’État s’est endetté à travers le ministère des Finances pour mobiliser 114 milliards de FCFA, dont 25 milliards pour les GCM. Ce partenariat avait été défendu dans le cadre du PND, mais aujourd’hui il semble bloqué. Il y a une contradiction ».
Au sein de l’opérateur historique, certains évoquent l’existence de blocages internes et d’un déficit de suivi stratégique. D’autres pointent l’absence de communication officielle du ministère de tutelle, alors que la société nationale continue de perdre du terrain.
Au-delà d’un opérateur économique, Sotel Tchad représente un enjeu de souveraineté numérique. Sa marginalisation progressive ouvre la voie à un renforcement des acteurs privés sur le marché. Une question demeure : les 114 milliards FCFA ont-ils réellement servi à la modernisation annoncée, ou se sont-ils dilués dans les méandres administratifs ?


