Dans un contexte marqué par la recherche de croissance durable et d’autonomie économique, deux secteurs s’imposent aujourd’hui comme des piliers incontournables du développement : l’agrobusiness et le bâtiment et travaux publics (BTP). Comment ces secteurs contribuent à l’essor économique ?
Longtemps considérée comme une activité de subsistance, l’agriculture connaît une transformation progressive vers un modèle plus structuré et orienté vers le marché. L’agrobusiness, qui englobe la production, la transformation et la commercialisation des produits agricoles, apparaît désormais comme un levier stratégique pour stimuler l’économie locale.
En misant sur la transformation des matières premières, ce secteur permet non seulement de créer de la valeur ajoutée, mais aussi de générer des emplois (estimé à 69% à 80% de l’emploi total), et de réduire la dépendance vis-à-vis des importations. De plus en plus d’initiatives locales s’inscrivent dans cette dynamique, contribuant à moderniser les pratiques agricoles et à renforcer les chaînes de valeur.
Le secteur du BTP quant à lui, joue un rôle structurant dans le développement des infrastructures essentielles. Il contribue à environ 44% du PIB. Routes, logements, écoles, hôpitaux ou encore marchés modernes, ces réalisations facilitent les échanges économiques, améliorent les conditions de vie des populations et favorisent l’attractivité des territoires. Il constitue également un important pourvoyeur d’emplois et un moteur d’investissement représentant environ 9,1%. Son développement accompagne la modernisation des villes comme des zones rurales, contribuant à une meilleure organisation de l’espace économique.
Au-delà de leur importance individuelle, l’agrobusiness et le BTP présentent une forte complémentarité. Le développement agricole moderne nécessite des infrastructures adaptées notamment les routes pour le transport des produits, des entrepôts pour le stockage, des unités de transformation pour la valorisation locale. Inversement, la vitalité du secteur agricole soutient l’activité économique globale, dont dépend en partie la dynamique du BTP.
Ainsi, ces deux secteurs apparaissent comme des instruments clés pour impulser une croissance inclusive et durable. Leur promotion pourrait contribuer à renforcer la résilience économique et à ouvrir de nouvelles perspectives pour l’emploi et l’entrepreneuriat.
Malheureusement, le Tchad dispose d’environ 39 millions d’hectares de terres cultivables dont seulement une fraction est mise en valeur. Egalement, fort de son réseau routier marqué par une dégradation accrue, suscite d’énormes handicaps afin de permettre une circulation fluide de produits en toute saison. Les carrefours de production, sont souvent déconnectés les uns aux autres, ainsi qu’aux villes consommatrices. Cela crée une décadence dans le ravitaillement, et cause une mauvaise répartition de l’économie.
Dans le cadre de son plan de développement « Chad Connection 2030 », le Tchad vise à mobiliser plus de 30 milliards USD d’investissement publiques et privés d’ici 2030 afin de stimuler l’économie, doublement dirigés vers l’agriculture modernisée et les infrastructures, y compris routes, énergie et bâtiments publics. Mais la véritable question est donc : les acteurs publics et privés sont-ils prêts à investir durablement dans ces secteurs pour transformer ce potentiel en véritable moteur de développement ?


