La Société nationale de ciment (SONACIM) tourne une page décisive de son histoire. L’entreprise publique a été officiellement cédée pour un montant de 36,5 milliards de FCFA, actant ainsi l’une des opérations de privatisation les plus significatives du portefeuille de l’État tchadien ces dernières années.
La signature de l’acte de cession est intervenue ce vendredi 27 février 2026 au ministère du Commerce, sous la présidence du ministre du Commerce, Dr Guibolo Fanga Mathieu, en présence du ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin.
Cette opération est l’aboutissement d’un appel d’offres international lancé le 20 décembre 2024. Après plusieurs phases d’évaluation et de négociation, le processus s’est conclu le 10 novembre 2025 à Abu Dhabi par la signature d’une convention-cadre consacrant la cession de la SONACIM au groupe Ciments de l’Afrique (CIMAF).
L’opération s’inscrit dans les orientations stratégiques du Plan national de développement 2030 (PND 2030), qui vise notamment la modernisation du tissu industriel, l’attractivité des investissements privés et la réduction de la dépendance aux importations.
Dans la foulée de la restructuration, l’entreprise change de dénomination et devient CIMTCHAD, marquant symboliquement et juridiquement son entrée dans une nouvelle ère de gouvernance et de performance industrielle.
Selon les termes de l’accord, plusieurs engagements financiers ont déjà été matérialisés. Un acompte sur le prix de vente a été versé au Trésor public, consolidant ainsi les recettes de l’État.
Au-delà du montant d’acquisition, le repreneur s’engage à injecter 12 milliards de FCFA sur cinq ans pour la remise à niveau de l’outil de production. Ces investissements devraient permettre la modernisation des installations, l’amélioration de la compétitivité et, à terme, un impact sur l’offre nationale en ciment.
Cette privatisation soulève des attentes fortes : renforcement des capacités de production locale, stabilisation des prix sur le marché du ciment, création d’emplois et stimulation des chaînes de valeur connexes (BTP, infrastructures, logement).
Pour les pouvoirs publics, l’opération constitue un signal adressé aux investisseurs internationaux quant à la volonté de réformer et de dynamiser le secteur productif. Pour le groupe CIMAF, elle représente une consolidation stratégique de sa présence en Afrique centrale. Reste désormais à observer la mise en œuvre effective des engagements d’investissement et leur traduction en performances industrielles mesurables.


